Communauté thérapeutique Mères-enfants

Communauté thérapeutique Mères-enfants

Awala Yalimapo

Maîtrise d’ouvrage : L’association L’AKATIJ
Adresse : Awala Yalimapo
Mission : Étude, Conception & Réalisation
Démarrage des travaux : septembre 2018

Le projet est né de l’absence d’offre résidentielle destinée exclusivement aux femmes en situation d’addiction en Guyane. Les personnes sont orientées vers des dispositifs des Antilles ou de métropole. Comme les femmes ne viennent pas dans les structures si elles ne peuvent venir avec leurs enfants, le projet a d’emblée inclus une proposition d’accueil des enfants.

La forme communauté thérapeutique est reconnue pour aider les personnes atteintes d’addictions : le vivre-ensemble provoque un effet d’entraînement positif sur chaque individu.

En outre, ce principe répond à la demande de vie collective des femmes, car il correspond à la vie communautaire dont elles ont l’habitude dans leur village.

Autre originalité du projet : l’Art tembé, caractéristique de la culture guyanaise, qui se retrouvera sur les panneaux de bois ajourés et colorés qui décoreront la façade. Chargés en symboles, ils sont le fruit du travail d’artisans locaux, qui participent au projet en composant autour du thème de la femme.

Un projet longue distance original

7000 km, c’est la distance qui sépare le lieu d’implantation du projet et Atic Architectes, en charge de l’étude (la partie production étant assurée par un architecte partenaire implanté en Guyane).

Un tel éloignement suppose une organisation particulière : « Sur mon écran, j’ai paramétré l’affichage de deux horloges (l’heure française et l’heure guyanaise) pour m’assurer de ne pas appeler en Guyane en pleine nuit !, plaisante Sylvie Botreau, très investie dans le projet.

Les modes de vie et le rythme sont très différents en Guyane. Il a fallu un temps d’adaptation pour nous mettre en phase et trouver notre méthode de travail. C’est très enrichissant comme expérience. »

Pour le responsable du projet à Versailles, Baptiste Goulay, ce travail à distance représente un challenge formidable : « J’ai emprunté tous les guides touristiques consacrés à la Guyane que j’ai pu trouver à la bibliothèque !

À force de multiplier mes lectures, j’ai pu m’imprégner du lieu et être en mesure d’apporter les réponses aux contraintes climatiques (ensoleillement, exposition aux vents, hydrométrie…) et structurelles (notamment l’instabilité des sols) qu’implique la situation géographique. »

Au niveau de l’organisation des espaces, elle est pensée pour être en cohérence avec l’architecture locale et respecter les habitudes et les modes de vie des futures résidentes ; à savoir une organisation satellitaire avec carbet central (grande case collective).

Équilibre entre centre de prévention et établissement curatif

« J’ai également fait une demande auprès de L’AKATIJ pour être mis en relation avec une communauté thérapeutique en France, afin de découvrir et de me familiariser avec l’organisation de ce genre de structures. 

C’est comme cela que j’ai pu visiter la communauté thérapeutique d’Aurore à Aubervilliers, qui propose soins et hébergement pour trente-cinq personnes », raconte Baptiste.

À Awala Yalimapo, ce sont vingt femmes avec enfants qui pourront être accueillies, soignées, sensibilisées, et responsabilisées. En vivant ensemble, les patientes s’influenceront positivement ; d’où l’importance de multiplier les espaces de vie en communauté : foyer, salle de restauration, espace hamacs, jardin potager…

Le début des travaux est fixé à septembre 2018. Le chantier devrait durer deux ans et demi, pour une ouverture en mars 2020.

L’association L’AKATIJ a fêté ses 20 ans en 2017. Les équipes de professionnels de l’association inscrivent leurs actions dans un cadre éthique exigeant défini dans le projet associatif. Les bénévoles et salariés sont au service des autres indépendamment de leurs origines, de leur vécu, de leurs capacités, de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leurs choix de vie.